Shaft

ShaftAprès un règlement de compte raciste dans un bar qui a laissé un homme mort, John Shaft se fait pour devoir d’envoyer le tueur sous les verrous. Mais il s’agit du fils d’un des gros pontes de la ville.

De retour après presque 30 ans, Shaft, incarné ici par un parfait Samuel L Jackson se fait découvrir par toute une génération.
Depuis que la blackexploitation a été remise au goût du jour par Tarantino (par Pulp Fiction et surtout Jackie Brown), on voit refleurir les acteurs et les thèmes de cette période. Il est donc normal de revoir ce personnage haut en couleur.

Sorte d’Inspecteur Harry, Shaft ajoute sa touche Funky et son look un peu plus dévastateur. Les méthodes se ressemblent mais la musique change et c’est Isaac Hayes qui nous propose une B.O des plus agréables.
Car il est clair que John Singleton joue plus avec son personnage qu’avec son film. Dès le début et l’introduction, on voit tout de suite où on va : le personnage Shaft, l’histoire ensuite (si on a le temps). La musique est là pour témoigner et il est vrai que le charley et les guitares très funk nous le rappellent constamment.

Un scénario donc léger qui nous rappelle plus un Colombo dominical qu’une histoire fouillée et dépouillée. Mais le concept était déjà posé. C’est Shaft et rien d’autre.

Heureusement, Samuel L Jackson est fabuleux. Evidemment tout le film repose sur lui, et comme souvent, il s’en sort plus que bien. On sent parfois refleurir le Jules Winfield de Pulp, notamment lors de ses injonctions.
Parmi les autres acteurs, on notera aussi la participation de Richard Roundtree, le Shaft original des années 70, qui réapparait ici en tant qu’oncle. Un clin d’oeil que les fans apprécieront.

« Shaft » est donc un film à personnage. Ce premier re-opus nous pose le personnage, il faudra sans doute attendre une suite pour une histoire un peu plus prenante.
La production américaine est en forme, les créatifs sans doute un peu moins.

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Sexe Attitude

Après une soirée un peu arrosée, un fille accuse l’une de ses connaissance de viol.

Sexe Attitude

Ce film est soi-disant une réflexion sur l’attitude des individus face au sexe. En fait, le film est principalement constitué de vide entrecoupé de quelques scènes un peu chaudes. On peut le regretter car la réalisation a de la personnalité et l’interprétation des personnages est globalement assez bonne.

On suit donc une bande de jeunes trentenaires qui n’ont qu’une seule idée en tête : s’éclater et terminer la soirée au lit avec quelqu’un. Déjà avec cette idée à peine caricaturale, le réalisateur tient une heure et quart. Durée pendant laquelle il s’amuse à faire parler les acteurs à la caméra, à faire des ralentis artistiques, des flashs-backs.

Une mise en scène qui aurait pu être intéressantes mais le propos est vraiment trop creux ; on s’accroche à un fil conducteur quasi-inexistant, les dialogues se limitent à du remplissage jusqu’au moment où l’un des personnages se fait arrêter pour le viol d’une de ses amies. Mais au lieu d’exploiter ce maigre filon, le scénario se perd dans une réflexion vaseuse sur le sexe gratuit et ses conséquences.

Devant tant de vide on finit donc par s’endormir, hypnotisé par une B.O. mi-space mi-techno, et réveillé de temps en temps par une scène plus chaude que les autres. Sans doute le scénario n’a-t-il d’ailleurs été élaboré que pour ça alors pourquoi s’en priver.

Ce film ne mérite donc pas le déplacement. Il est peu divertissant et pêche par un manque de fond. On s’ennuie ferme.

Seul contre tous

Seul contre tousEn 1980, un ex-boucher ayant tout perdu après avoir fait de la prison a décidé d’appliquer sa morale et sa justice à sa manière.

Long métrage faisant de son court-métrage ‘Carne’, une sorte d’introduction, ‘Seul contre tous’ est un 1er ofni étonnant de maturité et de maîtrise. Ce monologue quasi-permanent d’une certaine partie de la France prolétaire nous immerge totalement dans le cerveau de ce boucher rongé par la haine, la
pauvreté et la violence. Alternant les prises de positions, les angles ainsi que les points de vue,
Noé signe un film qui frappe un coup là où ça fait très mal.

En reprenant des idées extrêmement tabous, Noé s’était clairement mis seul contre tous, lui aussi. Mais si l’on peut voir à travers ce film une apologie de la violence, c’est visiblement qu’on a manqué quelque chose. Car à travers cette histoire éprouvante et choquante, c’est bien la mise en abîme d’un homme devenu ordure qu’on vit de l’intérieur.

Interprété par un Philippe Nahon plus vrai que nature, on aura rarement vu un film dépendre autant d’un acteur. Habité par le rôle, ce monolithe est vraiment ultra impressionnant par son opacité et paradoxalement son ouverture qui se fait au fur et à mesure. Il fait évoluer le rôle vers les
abîmes de l’espèce humaine, avec un talent éclatant.

Sachant parfaitement ce qu’il faisait, Noé nous offre ici un film déjà extrêmement abouti aussi bien esthétiquement que dans le traitement du scénar. Le traquenard que pouvait constitué un film-monologue est maîtrisé de bout en bout jusqu’à un final qui va aussi loin qu’il était possible. Car ‘Seul contre tous’, c’est aussi et surtout une fuite en avant d’un homme devenu animal car lâché par son monde. Chaque coup de fusil sonnant comme une seconde passée vers sa propre perdition, ce nihiliste qui ne croit plus en rien est finalement l’achétype d’une France bien profonde poussée à son paroxysme.
Le spectateur pris en porte à faux par ce personnage qu’on a du mal à cerner au départ va vivre donc un liaison charnel avec lui pendant un heure et demie. Et c’est sans doute sur ce point là que le film fonctionne le mieux.

Accueilli plus ou moins fraîchement par la critique française,ce film n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains, mais doit être vu. Ce travail, fruit de 5 années de galère et de travail est incomparable de bien des points de vue. Qu’on aime ou pas, finalement, qu’importe… ce ne sont plus des échelles qui fonctionnent ici. Le film devait s’appeler ‘Rance’ au départ; c’est sans doute l’odeur qui se dégage du film, mais avec tellement de talent.

Disponible au départ en édition simple en dvd (assez vite introuvable), il aura donc fallu attendre le coffret Noé pour re-découvrir ce premier long métrage du réalisateur qui traîne derrière lui beaucoup de polémiques.

Pour cette édition de ‘Seul contre Tous’ voulue collector, on aurait aimé un tout petit peu plus, même si on peut déjà se satisfaire d’un traitement tout à fait correct.

Le menu simple reprend deux dialogues des deux métrages présents sur le dvd (‘Carne’ et ‘Seul contre tous’). De quoi déjà se mettre dans l’ambiance et d’apprécier la voix de Nahon.

L’image est plutôt moyenne et montre ses limites lors de certains plans en intérieur. Très granuleuse, mais surtout assez imprécise, certains plans sont très limites. Heureusement, la photo et la colorimétrie sont quand à elles bien respectées. On peut etre un peu déçu par l’image qui aurait eu besoin d’être un peu moins « sale », même si finalement, compte tenu du film, ça n’est pas un tort.

Malgré un Dolby Surround, vous n’aurez pas l’occasion d’entendre vos surrounds vous chanter dans les oreilles. N’étant pas fan du genre, Noé a rendu le film extrêmement centré vers l’avant et sur l’enceinte centrale en particulier. Le monologue omniprésent accapare cette dernière.

Au niveau des bonus, on aurait aimé en avoir plus, mais on est tout de même très gâtés.
On commence en effet par ‘Carne’ (2.35, 16/9 et 38′), le moyen métrage (et premier film) de Gaspard Noé constituant une génèse de l’univers de Philippe Chevalier, déjà interprété par les acteurs de ‘Seul contre tous’. Un peu plus conceptuel, mais possédant déjà la patte, ce film est indispensable dans la continuité
du personnage. Bien que le contenu soit résumé dans ‘Seul Contre Tous’, ‘Carne’ propose vraiment de mieux comprendre la dimension de déchéance du boucher chevalin.

Pour ‘Seul contre Tous’, le commentaire audio est disponible et effectué par le réalisateur. On aurait beaucoup aimé entendre Philippe Nahon nous parler de son rôle, mais la vision du réalisateur est déjà suffisamment riche pour occuper le temps de parole. Alternant anecdotes de tournage, inspirations cinématographiques (il évoque Taxi Driver…) et contraintes de production.
Un bon commentaire.

Enfin, une petite bande annonce (réussie d’ailleurs) conclue ce dvd. A côté de celui-ci, on trouvera une feuille reprenant le monologue complet de la scène du cinéma porno (de quoi lire avant de dormir) et trois belles cartes postales.

On aurait aimé un peu plus de contenu (des interviews notamment), mais on ne peut faire la fine bouche quand les bonus sont aussi primordiaux que ceux présent. Il y a l’essentiel et c’est bien le principal.

Seul au monde

Seul au mondeResponsable chez Fedex (transport de paquets en express), Chuck Noland parcours le monde et est souvent absent de sa maison où sa femme l’attend. Lors d’un voyage, un accident d’avion en fait le seul survivant échoué sur une île déserte.

La revisite de l’histoire de Robinson par le duo de Forrest Gump (Zemeckis aux commandes, Hanks devant la camera), était forcément attendue. Vu les efforts déployés pour le film, il se devait d’être bon : des arrêts de tournage de plusieurs mois (qui ont permis notamment de tourner ‘Apparences’) pour que Tom Hanks perde du poid (25kg quand même) et se fasse pousser les cheveux et la barbe.

Le film est bien sûr très agréable, mais a un léger goût d’inachevé. Toute l’histoire commence par une longue pub pour Fedex (bien 20 minutes…) qui a du financer une partie du film. S’enchaîne une scène mémorable de crash, très forte et très réussie. Ce point de rupture le rend sur cette île totalement déserte. « Seul au monde » sur cette plage, Hanks a du mal à s’en sortir mais représente bien les réactions d’un citadin moyen dans pareille situation. Son jeu permet vraiment au spectateur de se mettre à sa place. Et les différentes astuces qu’il trouve sont autant de point qui le rapproche encore.

Le symbole du film est bien sûr centré sur le temps et sa relativité et sur l’instinct de survie que la société occidentale a presque anéanti. Ayant pour seul appui, une photo de sa femme, la résistance à la folie, à l’autisme, etc. est très bien représentée avec quelques scènes très intenses. Le duo Zemeckis-Hanks fait encore des siennes et nous plonge dans une vraie solitude partagée.

La conclusion de cette belle aventure dénote un peu par son côté très niais et limite réaliste. C’est un peu dommage de finir sur cette note qui nous laisse un arrière goût plutôt désagréable, mais la dictature hollywoodienne passe souvent par là.

Néanmoins, « Seul au monde » reste une valeur sûre de divertissement et de dépaysement. Une vraie aventure.

Seul au monde réunit le tandem de Forrest Gump (Tom Hanks et Robert Zemeckis) pour nous dévoiler une version modernisée de « Robinson Crusoë ». Malgré le manque évident d’action et de dialogue, ce film est saisissant du fait de la compassion qui s’en dégage.

Chuck Noland, alias Tom Hanks, interprète un responsable d’acheminement des colis pour Federal Express. Son objectif -livrer le client le plus vite possible et dans les meilleures conditions (pour se distinguer de La Poste…)- va se trouver modifié suite à un crash d’avion… Il se retrouve errant sur une île déserte voire paradisiaque… mais il est seul au monde…

Ce film nous montre comment un homme tente de survivre dans un milieu inconnu, hostile et nous fait découvrir une certaine « logique » d’adaptation et d’organisation qui découle des échecs à répétition rencontrés par notre « Robinson ». Très rapidement, le spectateur s’identifie à ce personnage tant la crédibilité du film est juste, tout en se posant la question : « et moi, aurais-je fait la même chose dans cette situation ? »

Le plus frappant, c’est que ce film nous montre comment l’homme essaie de s’adapter à son environnement, les artifices qu’il utilise pour ne pas trop s’éloigner de la civilisation et surtout l’évolution de son comportement qui le conduit à se demander pourquoi il est encore et toujours sur cette île…

« Seul au monde » ne recevra probablement pas l’Oscar décerné aux meilleurs dialogues puisque Tom Hanks passe les trois quart de son temps sur son île déserte à hurler ou à parler tout seul ! mais il est prometteur, malgré un final un peu trop métaphorique peu perceptible…