Simone

Viktor Taransky est un réalisateur en perte de vitesse. Un jour, il rencontre un savant à moitié fou qui lui offre des CD-rom. Il s’agit en fait d’un programme informatique permettant de recréer de toutes pièces les traits de l’actrice parfaite. Mais il s’avère peu à peu dépassé par sa propre création…

Le manque d’originalité de l’idée de départ peut a priori mener à la catastrophe. Mais le réalisateur Andrew Niccol s’en sort en fait plutôt bien. Il nous propose un conte moderne qui met la plupart du temps le réalisme de côté pour mieux se concentrer sur l’aspect onirique de l’histoire.

On est donc loin de la comédie facile tant redoutée. S’affirmant d’abord comme une satire du show-business, « Simone » adopte en fait progressivement le ton de la critique sociale où tout est sacrifié au profit de la starisation. Al Pacino excelle dans son rôle de réalisateur fatigué et complètement dépassé par les évènements. Et malgré une histoire de plus en plus farfelue, le film tient largement la route grâce à un humour complice et un scénario qui s’acharne, tant bien que mal, à éviter la facilité.

Le réalisateur a aussi le don de proposer une oeuvre riche en références. Les aspects dramatiques du film font penser à « Frankenstein » mais aussi à « Dans la peau de John Malkovitch » alors que certaines ficelles de la narration sont proches de « Truman Show », dont Andrew Niccol avait signé le scénario. La réalisation proposée par ce dernier ne démérite d’ailleurs pas et s’avère être à l’origine de nombreux effets comiques.

Malgré ses airs de comédie légère, « Simone » est une oeuvre maîtrisée qui évite au maximum la facilité. Il faut ensuite savoir apprécier les comédies invraisemblables qui relèvent davantage du conte que de la simple comédie burlesque. Un film à découvrir donc…

Loin de partager l’avis de Guillaume, je préfèrerais dire que seul Al Pacino s’en sort ici correctement.

Présenté comme un excellent film, on a surtout l’impression qu’il a du mal à se positionner dans un genre particulier. Oscillant au gré de la volonté d’Andrew Niccol entre comédie sarcastique, introspection paranoïaque et fable légère, le film ne semble jamais trouver sa véritable voie…

Si la réalisation globale est agréable, il n’en demeure pas moins qu’ un sentiment de vide étouffant prend le pas sur les quelques qualités de l’oeuvre.
Seul Al Pacino est à la hauteur, le jeu des autres acteurs n’accentuant que son talent, et les quelques (mais beaucoup trop rares!) vrais moments d’humour ne parviennent pas à nous dérider.
Quant à la critique de la starisation des acteurs d’Hollywood, facile, elle peut paraître elle même déplacée (Al PAcino et Winona Ryder ne bénéficient-ils pas eux mêmes de ce phénomène ?) et finalement assez hypocrite, ce qui reflète sans doute ce nombrilisme arrogant et latent du cinéma américain contemporain qui tend à juger ce qu’il engendre lui même.

Trop lent, trop long, Simone risque d’en laisser plus d’un indifférent.

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