Signes

SignesAu cœur de l’Amérique agricole, une famille endeuillée découvre d’énormes figures géométriques tracée sur son champ. Bientôt, les médias font état d’une possible manifestation extra-terrestre qui toucherait toute la planète.

Auteur d’un ‘6ème Sens’ qui a su trouver son public et d’un ‘Incassable’ talentueux, Shyamalan a déjà réussi à se créer une petite pate qui rend ses films reconnaissables. Le final en forme de coup de théatre est ici abandonné, mais on retrouve un rythme lent, une montée en tension et des personnages possédants un vécu conséquent dans ce ‘Signs’.

Mel Gibson incarne ici un anti-héros, reverand déchu, laché par la foi qui essaye de survivre au marasme qu’a provoqué la mort de sa femme. Car finalement, l’arrivée des extra-terrestres (les réels absents du films) ne sert que de pretexte à ce rapprochement familial dans un huis clos intense.
La tension est réellement palpable et le film trouve à ce moment là une vraie voie. Reprenant pas mal de cordes du genre, Shyamalan montre une efficacité à toute épreuve à travers un bon nombre de scènes. Porté par des acteurs inspirés, le film arrive toujours à jouer sur cette ambivalence de sujets et reste sur la corde raide sans vaciller.

En choisissant un cadre confiné et un black-out quasi total du monde extérieur (seuls éxistent cette famille et ces envahisseurs), Signs réussit son pari et nous offre un spectacle de grande qualité. Le thème très hitchcockien dès le début du film n’est sans doute pas innocent et on sent une volonté de faire renaître certains éléments qui faisaient le succès du réalisateur britannique.

Hormis une fin un peu décevante et qui dénote un peu de la qualité du film, Shyamalan confirme un talent qui apparaissait, notamment dans ‘Incassable’. Attendu au tournant, il propose un film très réussis sur un sujet scabreux qui aurait pu, mal géré, s’averer sans saveur. En évitant les pièges le réalisateur signe un troisième film qui enthousiasme.

Malgré quelques scènes réussies, « Signs » réunit malheureusement les mêmes défauts que ses prédécesseurs « Incassable » et « Sixième sens » : une austérité trop appuyée, un propos bancal et des séquences qui restent longues et souvent vides.

Le scénario est construit autour d’idées qui ont déjà été surexploitées au cinéma. Pour bien faire, il aurait fallu un brin d’originalité or on n’en retrouve pas ici. Le film ressemble à une vaste séquence de reality-show bassement populaire. Même le propos, susceptible d’amener la discussion sur l’éventualité extra-terrestre, apparaît incohérent et lourdement didactique.

Il reste alors l’ambiance qui fait en théorie la force des films de Shyamalan. Quelques scènes ressortent du lot notamment lorsque les extra-terrestres se manifestent sous les yeux des héros ou lorsqu’un brin de folie s’empare des personnages. Mais cela reste insuffisant pour combler le vide qui prédomine. Il en ressort une impression désagréable de décalage entre ce que le réalisateur tente de faire ressentir et la plate réalité du film.

Une progression est cependant à noter par rapport au « Sixième Sens » et à « Incassable » : la prestation des acteurs, navigant entre la folie douce et la peur, apparaît réellement convaincante, un exploit compte tenu de la platitude du scénario.

Shyamalan a une fâcheuse tendance à ne jamais concrétiser ses essais. Ces films se construisent sur quelques séquences-clés mais il n’y a malheureusement rien autour qu’une innocente médiocrité. « Signs » ne déroge pas à la règle. Gageons que le vent médiatique qui porte ce réalisateur s’estompera progressivement, rattrapé par la dure réalité des faits…

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